La récente hausse du prix du carburant, intervenue sans information préalable de la population et en dehors de tout débat public, soulève de graves interrogations quant à la méthode de gouvernance et au respect des principes de transparence et de responsabilité.
En effet, cette augmentation ne semble pas avoir été explicitement inscrite dans la loi de finances adoptée et promulguée à la fin de l’année. Or, une mesure d’une telle portée économique et sociale ne peut être prise à la légère ni imposée par surprise à des citoyens déjà éprouvés par la cherté de la vie et l’érosion continue du pouvoir d’achat.
Le carburant n’est pas un produit ordinaire. Il constitue un intrant stratégique pour l’ensemble de l’économie nationale. Toute hausse de son prix entraîne mécaniquement une augmentation en chaîne des coûts de transport, des prix des biens de consommation courante, des services, et in fine du coût de la vie dans son ensemble. Ce sont, une fois de plus, les ménages modestes et les classes moyennes qui en paieront le prix le plus élevé.
L’absence d’anticipation, de communication et de mesures d’accompagnement révèle une approche technocratique déconnectée des réalités sociales. Gouverner, ce n’est pas seulement équilibrer des tableaux budgétaires ; c’est aussi préserver la cohésion sociale, protéger les plus vulnérables et associer les citoyens aux choix majeurs qui engagent leur quotidien.
Si l’État estime nécessaire de revoir sa politique de subventions ou de recettes, cela doit se faire dans un cadre clair, assumé et démocratique :
par une annonce préalable et transparente,
par un débat parlementaire réel,
et par la mise en place de mécanismes compensatoires ciblés pour les catégories sociales les plus affectées.
À défaut, ce type de décision ne peut qu’alimenter la défiance, fragiliser davantage l’économie informelle, et accentuer le fossé entre les institutions et les citoyens.
Une politique publique efficace ne se mesure pas uniquement à son rendement financier immédiat, mais à sa capacité à être juste, lisible et socialement soutenable. Sur la question du carburant, ces conditions ne semblent manifestement pas réunies.
Khalil Benabid
Premier secretaire de JIL JADID
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