Le dialogue sincère et responsable, et même des négociations courageuses, ne sont ni une faiblesse ni un renoncement. Ils constituent au contraire un choix national stratégique pour protéger l’intérêt supérieur du pays et garantir sa stabilité et son unité.
Les expériences historiques, en Algérie comme ailleurs, ont montré que l’exclusion du dialogue, la primauté de la logique de force ou l’imposition du fait accompli ne font qu’aggraver les crises, élargir le fossé de la défiance entre le pouvoir et la société, et affaiblir le front intérieur à des moments où les États ont besoin du plus haut degré de cohésion.
Aujourd’hui, dans un contexte interne sensible marqué par des tensions politiques et sociales, et dans un environnement régional et international d’une complexité extrême, la nécessité d’un dialogue national inclusif devient plus pressante que jamais. Un dialogue qui ne se réduise pas à la forme, qui ne soit pas mené dans une logique de tutelle, mais qui repose sur la reconnaissance mutuelle, le respect du pluralisme et l’acceptation du fait que la divergence est une composante naturelle de toute société vivante.
Le règlement des conflits politiques et sociaux ne peut se faire par la seule approche sécuritaire, ni par un silence imposé, mais par l’ouverture de véritables espaces de débat, l’écoute des revendications des citoyens, et l’association des forces politiques, sociales, syndicales et civiles à l’élaboration des solutions.
Dans cette perspective, le lancement d’un processus de dialogue sérieux et responsable, accompagné d’un climat de confiance qui se traduise par des mesures concrètes — au premier rang desquelles le respect des libertés, la garantie du droit à l’expression par l’ouverture de l’espace politique et médiatique, et la libération des détenus d’opinion — constitue la véritable porte d’entrée pour reconstruire la confiance et faire face aux défis actuels, à l’intérieur comme à l’extérieur.
La force des États ne se mesure pas à leur capacité à faire taire les voix, mais à leur capacité à gérer leurs désaccords avec intelligence et sagesse.
L’Algérie a aujourd’hui besoin d’une raison politique lucide, d’une volonté rassembleuse et d’un dialogue courageux, qui place l’intérêt national au-dessus de toute considération, et qui protège le pays de tous les risques dans un monde instable qui ne pardonne pas aux États divisés.
Le dialogue n’est donc pas une option secondaire, mais une condition de la pérennité d’un État fort, uni et tourné vers l’avenir.
Lakhdar Amokrane
Président de Jil Jadid
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