L’opinion publique suit, avec une vive inquiétude, la succession de décisions contradictoires et opposées émanant de la Banque d’Algérie. La dernière en date, la note émise le 4 janvier 2026 sous le numéro 01/DGIG/2026, abroge de facto une précédente note publiée moins d’un mois auparavant (le 22 décembre 2025 sous le numéro 02/DGIG/2025). Ce revirement s’est opéré sans fournir la moindre explication à l’opinion publique ou aux opérateurs économiques sur les motifs de ce recul soudain ni sur ses conséquences potentielles.
Ce flottement dans les décisions monétaires et réglementaires n’est pas une simple formalité administrative ; il reflète une fois de plus :
Une absence de vision et de stabilité dans la gestion des affaires économiques.
L’aggravation du climat d’incertitude chez les entreprises, les commerçants et les investisseurs.
Un préjudice pour les simples citoyens, qui paient le prix de décisions prises sans concertation, sans évaluation préalable des résultats, et qui manquent d’une connaissance précise de la nature des échanges commerciaux intérieurs et du marché algérien.
Dans une conjoncture interne, régionale et internationale délicate, l’économie nationale ne peut supporter ni décisions improvisées ni politiques versatiles. La confiance est la pierre angulaire de tout système financier performant, et l’investissement exige clarté et stabilité. Le secteur bancaire doit être un instrument de soutien efficace à l’économie réelle, et non une source supplémentaire d’anxiété et de perturbation.
Par ailleurs, l’indépendance de la Banque d’Algérie ne signifie pas une déconnexion de la réalité économique et sociale, et ne saurait justifier la prise de décisions affectant la sphère économique sans dialogue préalable avec les acteurs concernés ni explication suffisante à l’opinion publique.
Au regard de ce qui précède, le gouvernement se doit de prendre des mesures sérieuses incluant :
L’élaboration d’une politique monétaire claire, stable et publique, fondée sur des objectifs économiques précis.
L’implication des acteurs économiques et bancaires dans la formulation des décisions à large impact.
Le renforcement de la transparence et de la communication, comme alternative à la politique des notes contradictoires et silencieuses.
La transformation de la Banque Centrale en un véritable partenaire du développement, au lieu de se cantonner à son rôle d’autorité de régulation isolée.
En conclusion, l’édification d’une économie nationale forte ne se réalise pas par des décrets contradictoires ou des décisions surprises, mais par la bonne gouvernance, la transparence et la stabilité. Il n’y a pas d’économie sans confiance, pas de confiance sans clarté, et l’on ne peut bâtir un État fort avec des politiques économiques hésitantes et non étudiées.
Khalil Benabid
Premier secretaire de Jil Jadid
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