Par Zoheir Rouis
Vice-président de Jil Jadid
Après la révision de la Constitution, après le durcissement de la loi sur les partis, voici venue la révision de la loi électorale. Présentée comme “technique”, elle constitue en réalité une nouvelle pièce dans un dispositif cohérent de mise sous contrôle du champ politique.
À chaque étape, la même logique se confirme.
Avec la loi sur les partis, l’administration, devenue intrusive, s’est arrogé un droit de regard renforcé sur la vie interne des formations politiques et leur fonctionnement, allant jusqu’à pouvoir sanctionner ou exclure.
Avec la Constitution, le pouvoir a redéfini les équilibres institutionnels en renforçant davantage une centralité forte de l’exécutif.
Aujourd’hui, avec la loi électorale, c’est l’accès même à la compétition qui est plus fortement encadré.
Certes, comme pour les deux autres réformes, quelques mesures d’ouverture sont mises en avant : allègement des signatures, numérisation, ajustements techniques. Mais l’essentiel est ailleurs.
La reconfiguration de l’ANIE, qui il faut le dire n’a pas brillé par son efficacité lors des précédentes élections, consacre un retour en force de l’administration dans le processus électoral.
Le durcissement des conditions de candidature introduit un filtrage en amont : il ne s’agit plus seulement de convaincre les électeurs, mais d’abord de satisfaire aux critères définis par l’administration.
Le contrôle accru du financement renforce cette logique de tri, sous couvert de transparence, et va frapper plus durement les partis qui n’ont que les moyens et les ressources de leurs adhérents pour activer sur le terrain.
Au final, une même cohérence traverse ces réformes : encadrer, filtrer, normaliser.
On ne change pas seulement les règles du jeu. On redéfinit qui a le droit de jouer.
Et derrière le discours sur la “qualité” et la “probité” des candidatures, une idée s’installe : celle d’une démocratie administrée, où la souveraineté populaire s’exerce… dans les limites fixées en amont, pour une classe politique suspectée d’être, par nature, incompétente, corrompue et non démocratique.
Dans un contexte marqué par une défiance profonde des citoyens à l’égard de la vie politique et des institutions, ces réformes ne répondent en rien à l’enjeu central : restaurer la confiance et encourager la participation. Bien au contraire, en multipliant les filtres et en renforçant le contrôle administratif, elles risquent d’accentuer la distance entre les citoyens et le politique, et de nourrir davantage l’abstention et le désengagement.
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