Communiqué du Conseil National de Jil Jadid

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Communiqué du Conseil National de Jil Jadid

Alger, le 11 avril 2026

Le Conseil national du parti Jil Jadid s’est réuni en sa trentième (30ᵉ) session ordinaire, le samedi 11 avril 2026, au siège du parti à Alger, sous la présidence du Dr Lakhdar Amokrane, suite à la convocation du corps électoral en vue des élections législatives prévues le 2 juillet 2026.

Cette session se tient dans un contexte charnière que traverse le pays, marqué par de profondes transformations internes et des évolutions géopolitiques majeures. Elle a été consacrée à une analyse approfondie de la situation politique, économique et sociale nationale, ainsi qu’au suivi des mutations internationales et à la définition de la stratégie du parti pour les prochaines échéances électorales.

À l’issue des travaux, le Conseil national informe l’opinion publique de ce qui suit :

Premièrement : Sur le processus électoral et le cadre juridique:

Le Conseil national relève avec préoccupation l’accumulation de réformes récentes — révision constitutionnelle, nouvelle loi sur les partis politiques, amendement de la loi électorale — adoptées sans véritable concertation.
Pris isolément, ces textes peuvent apparaître techniques, mais leur enchaînement traduit une orientation politique claire vers un encadrement accru du champ politique et une sélection progressive des acteurs.
Il ne s’agit plus seulement de modifier les règles du jeu, mais de redéfinir les conditions d’accès à la compétition politique. Cette évolution renforce le rôle de l’administration sans répondre au défi central : restaurer la confiance entre citoyens et institutions.

Deuxièmement : La participation, un choix politique responsable:

Malgré ces contraintes, le Conseil national confirme la participation de Jil Jadid aux élections législatives du 2 juillet 2026, ainsi qu’aux prochaines élections locales (communales et de wilaya).
Ce choix procède d’une conviction politique claire : ne pas abandonner le champ politique à la logique de fermeture et de résignation.
Participer, c’est refuser l’enfermement du champ politique, maintenir un lien direct avec les citoyens, défendre le pluralisme par la pratique et non par les slogans, et proposer une alternative politique sérieuse, responsable et démocratique.
Dans un contexte marqué par la défiance, notre responsabilité est d’être présents, actifs et utiles.

Troisièmement : Mise en place de la Commission nationale des élections:

Le Conseil national décide de la mise en place d’une Commission nationale des élections.
Ses missions consistent à préparer et superviser le processus électoral interne du parti, sélectionner les candidats selon des critères de compétence et d’intégrité, suivre le déroulement de la campagne électorale et garantir la transparence ainsi que la cohérence politique.
Une attention particulière sera accordée à la participation des femmes et des jeunes, considérée comme une exigence politique et démocratique, et non comme une simple obligation légale.

Quatrièmement : Sur la portée politique des réformes:

Le Conseil national considère que les réformes dites « techniques » ne répondent pas aux attentes de la société. Le défi actuel est avant tout politique.
Dans un contexte de crise de confiance profonde, il aurait fallu aller vers plus d’ouverture, de garanties et d’inclusion. Or, la tendance observée est inverse : davantage de contrôle, plus de contraintes et davantage d’exclusion.
Sans une véritable volonté politique d’ouverture, aucune réforme technique ne peut produire une légitimité durable.

Cinquièmement : Les priorités de Jil Jadid:

À l’occasion de ces élections, Jil Jadid porte un projet fondé sur :la restauration de la confiance entre citoyens et institutions, l’élargissement des libertés politiques, le renforcement de la transparence et de la redevabilité, la promotion d’une gouvernance responsable, et la réhabilitation de l’action politique.

Sixièmement : Situation sociale et économique:

Le Conseil national alerte sur la dégradation du pouvoir d’achat et la montée des tensions sociales. Les réponses purement techniques sont insuffisantes face à une crise structurelle.
Sans institutions crédibles et réellement représentatives, aucune politique économique ne peut réussir.
Le changement politique demeure une condition essentielle à toute réforme économique sérieuse.

Septièmement : Évolutions géopolitiques:

Le Conseil national exprime sa vive inquiétude face à la montée des tensions internationales, notamment la guerre menée contre l’Iran par les États-Unis et Israël.
Ce conflit constitue un facteur majeur d’instabilité régionale et internationale, accentue les risques de fragmentation du système international et renforce les dynamiques de polarisation géopolitique.
Il a des répercussions directes et indirectes sur l’Algérie : pressions sur les équilibres économiques et énergétiques, risques accrus d’instabilité régionale, reconfiguration des équilibres stratégiques en Méditerranée et en Afrique.
Dans ce contexte, la cohésion interne devient une nécessité stratégique. Toutefois, celle-ci ne peut être durable que si elle repose sur des institutions légitimes issues d’un processus politique transparent et inclusif.

Huitièmement : Message aux citoyens:

Jil Jadid adresse un message clair aux citoyennes et citoyens : nous comprenons la défiance, car elle est fondée sur des expériences réelles.
Cependant, l’abstention ne constitue pas une solution durable. Participer, c’est refuser la marginalisation politique et empêcher la confiscation de la décision.
Chaque voix compte. Même dans des conditions imparfaites, l’engagement demeure un acte responsable.

Neuvièmement : Message aux autorités:

Le Conseil national adresse un message clair et précis aux autorités :

À court terme : pour garantir un minimum de crédibilité aux élections du 2 juillet, il est nécessaire d’assurer une transparence totale du processus électoral, de garantir l’égalité d’accès aux médias publics, de lever les obstacles administratifs devant les candidats, de faciliter la participation politique afin de réduire l’abstention,
et d’assurer la neutralité effective de l’administration.
À moyen terme : il est impossible de sortir de la crise de confiance sans :
-ouvrir un dialogue politique sérieux et inclusif, -réhabiliter la vie politique et associative,
-garantir effectivement les libertés publiques,
-et engager une réforme politique fondée sur la participation et non sur le contrôle.
La poursuite d’une logique de fermeture ne fera qu’aggraver la crise. L’Algérie a besoin d’un processus qui renforce la confiance, la légitimité et la participation.

En conclusion:

Fidèle à ses principes, le parti Jil Jadid affirme qu’il participera à ces élections avec responsabilité, pour défendre la dignité des Algériens et leur droit à un État de droit, moderne, juste et démocratique.
Gloire et éternité à nos valeureux martyrs
Vive l’Algérie libre et démocratique
Pour le Conseil national
Dr Lakhdar Amokrane
Président du parti Jil Jadid

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