La publication du découpage électoral des circonscriptions à l’étranger, intervenue le 4 mai 2026 — soit près d’un mois après celle du découpage national et alors même que les opérations de préparation des candidatures étaient déjà engagées — appelle une vive dénonciation.
Ce retard manifeste traduit, une fois encore, un décalage flagrant entre les discours officiels affirmant l’intérêt des plus hautes autorités de l’État pour la diaspora, et la réalité des décisions administratives qui lui sont appliquées.
Comment justifier qu’un élément aussi fondamental que le découpage électoral — condition préalable à toute candidature — soit communiqué aussi tardivement, privant de facto les candidats de la diaspora du temps nécessaire pour se préparer dans des conditions normales ?
En publiant ce découpage à moins de deux semaines de la date limite de dépôt des candidatures, les autorités placent les candidats de la diaspora dans une situation objectivement défavorable.
Le découpage électoral constitue en effet un préalable indispensable à l’ensemble des démarches de candidature : constitution des listes, respect des critères réglementaires, dépôt des dossiers …
Une telle publication tardive ne relève pas d’un simple dysfonctionnement ou d’une simple négligence. Elle traduit un manque de sérieux et de responsabilité dans la conduite du processus électoral.
Surtout, elle emporte une conséquence grave : une rupture manifeste d’égalité entre les candidats.
Là où les candidats résidant sur le territoire national ont disposé de délais complets, ceux de la diaspora se voient contraints d’agir dans l’urgence, avec des délais amputés et des conditions dégradées.
Une telle situation est de nature à porter atteinte :
Dès lors, cette irrégularité pourrait constituer un motif sérieux de contestation de la régularité des élections dans les circonscriptions à l’étranger, voire d’annulation des opérations électorales les concernant, si les juridictions compétentes venaient à constater que cette rupture d’égalité a altéré les conditions de la compétition électorale.
Face à cette situation qui engage la responsabilité et la crédibilité de l’ANIE, il est impératif que cette dernière prenne sans délai des mesures correctives, notamment par :
À défaut, sa responsabilité serait pleinement engagée dans une situation où l’équité électorale se trouve gravement compromise.
Car lorsque les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous, c’est la légitimité du scrutin qui est en cause.
Le 05 mai 2026
Le Bureau Exécutif
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