Préventivement, dans le cadre de la lutte contre la pandémie Covid-19 et de par le monde, les établissements scolaires ont été les premiers lieux fermés. Cela est dû principalement aux difficultés, voire dans certains cas à l’impossibilité d’appliquer les mesures barrières dans les écoles. Mais aussi, les enfants contaminés étant dans la majorité des cas des porteurs sains, et ne présentent pas de symptômes, deviennent des vecteurs incontrôlables de propagation du virus.
L’Algérie n’échappe pas cette réalité, et les autorités ont fini par décréter la fermeture des écoles sur tout le territoire national, initialement à partir du 15 mars jusqu’au 05 avril 2020, mais une décision présidentielle du 31 mars, a porté le prolongement de la suspension des cours dans tous les cycles, et sur tout le territoire national jusqu’au 19 avril 2020.
Face à cette situation inédite, plusieurs questions se posent, dont trois questions crucialement :
Le 02 avril, le ministère de l’éducation nationale adopte un plan d’urgence face à la suspension des cours, et opte pour l’usage d’internet et l’école à la maison par notamment :
Ainsi, le samedi 04 avril, un communiqué du ministère de l’éducation nationale précise les chaînes éducatives, et les emplois du temps pour la diffusion des cours des différents niveaux scolaires, sur internet (Youtube), sous l’égide du CNEFD (Office National d’Enseignement et de Formation à Distance).
Les ardeurs de ce plan d’urgence, sont vite rattrapées et freinées par la réalité du terrain. La couverture et le débit d’internet à l’échelle nationale sont très limités, et pratiquement ne permettent pas à tous les élèves sur tout le territoire national de télécharger et regarder les vidéos des cours, notamment en sortant des centres villes. Sans oublier que, nombre de familles algériennes ne disposent pas d’un ordinateur à la maison, et regarder les cours à partir d’un Smartphone quand c’est disponible dans la famille, ne permets pas de suivre correctement les cours.
Concernant les classes d’examens nationaux (5e année primaire, 4e année moyenne et 3e année secondaire ), pour lesquelles les cours de troisième trimestre seront diffusés sur les chaînes de TV publiques, le problème de décrochage des élèves est très probable pour les moins autonomes, qui ne disposent pas de soutien à la maison. Un élève d’une classe d’examen qui n’arrive pas à comprendre à partir des cours diffusés, et qui ne trouve pas d’aide ou des réponses à ses questions, accumule les difficultés et fini par décrocher, déprimer et échouer.
Ce plan risque donc d’accentuer encore plus les inégalités sociales et scolaires, en fonction des familles qui pourront, ou non, accompagner ce type de suivi de scolarité, et d’engendrer une école à la débrouille en lieu et place d’une école à la maison.
Afin d’améliorer et de tirer la meilleure efficacité possible de ce plan, nous suggérons dans l’immédiat :
Qu’en est-il des examens nationaux (5e année primaire, 4e année moyenne et 3e année secondaire) et du spectre d’une année blanche ?
Bien que la question soit très sensible, elle s’impose, et des éléments de réponse du ministère de l’éducation nationale sont plus que nécessaires. A ce jour, aucune communication des autorités dans ce sens. Les élèves notamment les candidats au baccalauréat et les parents, tous s’inquiètent.
De par le monde, l’approche des Etats diffère en fonction des différences des phases épidémiques sur leurs territoires. En Europe, particulièrement en France, une reprise en début de mois de mai est espérée, mais ce n’est pas acquis et ça dépendra entièrement de l’évolution de l’épidémie dans les jours à venir, et de l’avis des experts de santé (Dimanche 22 mars dans une interview au Parisien, le ministre français de l’éducation nationale ; Jean-Michel Blanquer). Dans d’autres Etats, comme New York ou la Suisse, l’idée d’une reprise au mois de septembre fait quant à elle déjà son chemin.
En Algérie, la situation ne fait pas exception, les incertitudes planent et les élèves avec leurs parents de plus en plus inquiets.
Le scénario le plus favorable, reste une reprise mois de mai. Dans ce cas, une préparation technique et organisationnelle des examens nationaux est possible, et une détermination des seuils des cours à réviser rassurera les élèves candidats.
Opter pour la validation des épreuves (Bac, 4e et 5e) par les notes obtenues aux contrôles continues sera très compliquée, ingérable, voir impraticable en Algérie, faute de la simplicité et la non homogénéité du système de contrôle (notation) à l’échelle nationale.
Dans l’incertitude devant l’évolution de l’épidémie et la durée de confinement indéterminée. Pour rassurer les élèves et leurs parents. Donner une réalité lisible aux professionnels de l’éducation nationale, notamment les professeurs et enseignent pour qu’ils se préparent. Eviter une année blanche, tout en veillant à la qualité des enseignements, des épreuves et des diplômes nationaux.
Si une reprise n’est pas possible au mois de mai, il ne sera pas possible d’organiser les épreuves pour le mois de juin, ni pendant l’été (juillet et août). Nous recommandons dans ce cas, d’organiser les épreuves nationales dès que l’épidémie aura été maîtrisée, à partir du début septembre 2020, avec les éléments suivants :
Si la situation pandémique demeure au-delà de novembre 2020, déclarer 2019/2020 année blanche sera inévitable.
Comment vas se passer le retour aux écoles après le confinement ?
A ce jours l’expérience chinoise et coréenne sont riches en la matière, et d’ici là, d’autre pays auront déjà entamé leurs sorti de confinement. En s’en inspirant, et en tenant compte de notre réalité en termes d’infrastructures et des moyens techniques, et pour éviter une éventuelle réplique ou une nouvelle vague épidémique, nous recommandons :
Par : Rachid MOKRANI
Membre de la commission éducation
Conseil scientifique
Jil Jadid
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